Charly, Bannegon, Saint-Amand : patrimonial, paysan, pittoresque
Ce village de près de 650 habitants (INSEE, 2021) témoigne de l'évolution de l'Auron : ici, l'eau était à la fois ressource agricole et axe de communication pour le transport du grain. Une particularité locale : la fête de l’Aviron, organisée chaque début juillet, où habitants et visiteurs se défient amicalement sur des barques et canoës, dans un esprit bon enfant. À l’ombre des platanes s’alignent encore de vieux chemins de halage, aujourd’hui parcourus par des cyclistes du dimanche et des rêveurs à pied.
Moins connu, ce village marie grand paysage et petit patrimoine. L’Auron y irrigue encore des prairies abritant une biodiversité remarquable (orchidées, martins-pêcheurs, hérons…), selon le site Berry Province. Le château de Bannegon, qui garde une partie de ses douves, trône discrètement à quelques encablures de la rivière — vestige du XIVe siècle, partiellement ruiné mais classé aux monuments historiques. La particularité de Bannegon ? Une tradition orale très vivace, où sont encore racontées les légendes sur les « femmes lavandières » veillant sur la rivière les nuits de pleine lune.
Au terme du voyage, l’Auron remet ses eaux au Cher à Saint-Amand-Montrond, ville d’or et de livres (salon du livre chaque automne, plus de 45 000 visiteurs en 2023, chiffre Ville de Saint-Amand), qui fut aussi une cité industrielle. La confluence offre un site propice à la promenade, du quartier du Vieux Pont à la roseraie municipale. Ce qu’on sait moins : la Ville Basse doit sa configuration actuelle aux détournements successifs du cours de l’Auron lors des travaux du canal au XIXe siècle. De rares maisons flottantes y subsistèrent jusque dans les années 1950, témoignage d’un mode de vie oublié.
Aujourd’hui, l’embarcadère de la Cité de l’Or propose des balades fluviales contées, reconstituant pour les curieux la vie sur l’eau à travers récits, archives et chansons. Beaucoup viennent aussi pour la Réserve Naturelle Régionale Val d’Auron, labellisée en 2016, où migrateurs et randonneurs se partagent 150 hectares de paix verte (Région Centre-Val de Loire).