Les étangs, catalyseurs d’une biodiversité fragile et foisonnante
Une mosaïque d’habitats : de la roselière à la prairie inondée
L’un des secrets de la richesse biologique des étangs tient à la diversité des milieux qu’ils abritent. Autour de la pièce d’eau coexistent :
- La roselière : fourré dense de roseaux qui sert de nurserie à de nombreux amphibiens et oiseaux nicheurs (ralle d’eau, grèbe castagneux),
- Boisements humides et saulaies : abris pour micromammifères, reptiles et insectes,
- Pâtures et prairies inondées : lieux de halte pour limicoles et refuges pour des plantes rares comme la Laîche faux souchet,
- Queue d’étang : zone vaseuse très riche où foisonnent larves, crustacés et invertébrés, première source de nourriture pour beaucoup d’espèces.
Selon une estimation de la Fédération départementale des chasseurs du Cher, un étang de 10 hectares dénombre en moyenne 150 espèces végétales et plus de 200 animaux différents observés sur une même année (FDC Cher).
Jusqu’aux migrations : relais européen pour la faune ailée
Les étangs du Val d’Yèvre forment autant d’escales vitales pour des oiseaux venus du nord de l’Europe ou d’Afrique. Le grèbe huppé, la sarcelle d’hiver, mais aussi la spatule blanche font de ces plans d’eau des haltes régénérantes lors de leurs périples migratoires. La Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) a recensé dans le secteur du Cher plus de 90 espèces d’oiseaux d’eau au printemps, dont 17 espèces patrimoniales (LPO BFC).
Pour ne citer qu’un cas marquant : lors d’un comptage hivernal de 2022 sur l’étang de Goule, ce sont plus de 5 000 individus (canards souchets, oies cendrées, fuligules milouins) qui ont été observés en seulement 48 heures.